Le mot d’ordre des progressistes semble bien être désormais : « L’histoire est finie, achevons-la ! »

L’occident a commencé à penser l’histoire historiquement, et bientôt toutes choses humaines sont apparues comme historiques.

Pour pouvoir penser l’histoire, il fallait au moins un moment absolu, à partir duquel on puisse juger de son sens. C’est ainsi que l’historicisme hégélien est un conservatisme du temps présent. Mais les tendances au mieux enracinées dans la nature du présent ont eu raison de cet historicisme là ; une véritable ruse de la raison, n’est-ce pas ? Et désormais nos progressistes sont tout tendus vers l’avenir, vers une fameuse fin de l’histoire qui se fait attendre.

Mais la nécessité d’un moment absolu dans ce paradigme intellectuel demeure. Nous pas tout le présent, mais certaines choses dans le présent sont à conserver absolument au détriment des autres, car elles sont le futur en germe, par opposition au passé : tout ce qui est nouveau est progressiste. La fin de l’histoire ? C’est déjà maintenant !  L’idéologie du grand bond en avant débouche sur une lourde retombée sur son cul. Il ne reste plus à ses tenants qu’à faire de petits sauts sur place, comme ces images des « derniers hommes » dans le prologue d' »Ainsi parlait Zarathoustra », ou plus personnellement, à bondir de sauteries en sauteries, avant sans doute de se sauter à la gorge, ce qui à défaut d’achever l’histoire, forcerait à ouvrir une nouvelle page de l’histoire de l’Europe. Pour le mieux, peut-être.

Jamais il n’a été plus vrai de dire que nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants.

 

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